Romain Froquet est un artiste qui intrigue par les représentations et la gestuelle de son travail.
A l’évidence son art se rattache au courant de l’abstraction contemporaine inspiré par une vision à la fois géométrique et organique.
Il est vrai que les formes arrondies, allongées et alvéolaires qui envahissent la plupart de ses œuvres font penser autant à de pures formes géométriques qu’a des formes naturelles (arbres feuillus ou bouquets de fleurs…).
Les formes cristallines
On peut également découvrir dans son art des racines plus profondes dans le voisinage de l’Art Nouveau et du symbolisme, celui-ci se singularisant en particulier avec ses cercles de couleurs abstraites.Mais en fait il est plutôt proche d’un Kupka qui développera une variante du cubisme avec ses formes cristallines
Selon cet artiste, l’œuvre d’art est « une réalité abstraite qui doit être constituée d’éléments inventés. Sa signification concrète résulte de la combinaison d’archétypes morphologiques et de conditions architectoniques propres à son organisme. »
D’où sa prédilection pour les formes cristallines, formes géométriques qui se structurent ensemble comme les différentes faces d’un même objet.
La dynamique du mouvement
Surtout dans ses œuvres urbaines, Romain Froquet imprime à ses réalisations une dynamique remarquable du mouvement.
Certes la force du mouvement est maîtrisée de manière significative sur le plan formel.En effet la charge émotionnelle incorporée à l’œuvre reste toujours contenue et cadrée.
Chez cet artiste on est loin de la folie destructrice !
On y découvre aussi une forme de vitalisme proche des futuristes italiens. Severini notamment était en recherche de la simultanéité de la représentation de plusieurs aspects du sujet, jamais en état d’immobilité mais toujours pris dans un tourbillonnement. Heureusement il savait maîtriser ce trop plein d’énergie par son sens de la poésie et de l’intériorité.
Comme ce peintre futuriste, Romain Froquet atténue lui aussi l’intensité et la violence du mouvement par le lyrisme.
Le lyrisme
L’artiste joue le sens de son écriture selon une stratégie, comme s’il s’agissait d’une composition musicale.
Une lecture où la forme se désincarne pour fleurir en rythme vital.La couleur d’un rouge éclatant se réfugie derrière des lignes fermes et puissantes.
Malgré la violence exercée par l’épaisseur de la ligne, celle-ci est atténuée par les frises en arêtes, ces sortes d’entrelacs qui hérissent le trait comme pour réduire son agressivité.
Cette écriture intérieure nous permet d’aller à la découverte organique de nous même. De même l’artiste arrête le temps par des collages de journaux d’une époque révolue.
Un exercice poétique qui paraît très en en phase avec la Recherche du Temps Perdu ?
La fulgurance de l’encre
Souvent l’artiste se libère en utilisant l’encre.
Il se dégage du poids et de la lenteur de la peinture. Celle-ci freine et endigue parfois son imaginaire.En revanche l’encre donne de la voix et fonde une méthode tout en rapidité et en finesse.
Il est en recherche de la fluidité et donc s’abandonne à la respiration de la ligne. La fulgurance donne le ton avec cette apparente facilité du trait.
L’artiste semble porter des ailes !
Comme ce plafond, pourtant réalisé à l’acrylique, la souplesse du trait conduit à restituer le côté aérien de l’œuvre.
Le pinceau errant de ce peintre semble dialoguer avec l’éternité d’en-haut, voilà toute la fulgurance de son art qui s’exprime !
Christian Schmitt
Site web de l’artiste









